27 mars 2008
UN SAGE SS.le DAILA-LAMA

Le dalaï-lama tente
de canaliser la protestation
Katmandou, des moines ont commencé une grève de la faim, pour protester contre la répression chinoise. «Les Tibétains doivent apprendre à vivre avec les Chinois», a affirmé, mardi, le dalaï-lama.

Le long et pacifique combat du dalaï-lama
Avec son sourire malicieux, il fait trembler la Chine et mobilise à lui seul sa redoutable machine de propagande, à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin. Mais il n'est pas facile d'être un «dieu vivant» au XXIe siècle. Mardi, il a dû menacer de «démissionner», pour tenter de stopper net les émeutes sur le Toit du monde.
O n l'avait oublié, mais Tenzin Gyatso, 72 ans, 14 e dalaï-lama et Prix Nobel de la paix, est un fin diplomate : il est temps aujourd'hui pour lui de pousser la Chine à négocier, en reprenant la main sur son petit peuple qui, désespéré, se voit croqué vivant par le dragon chinois.
Dans la vie des cinq millions de Tibétains éparpillés sur les 1,2 million de kilomètres carrés de l'immense Toit du monde, la religion inspire l'univers : 98 % des gestes du quotidien sont commandés par des rituels. Les lamas des monastères vivent de l'accomplissement de ces actes sacrés et des aumônes distribuées par les paysans aux monastères, à tous les instants rythmant leurs existences. Au Tibet, on ne paie pas l'impôt à la Chine. On l'offre au Bouddha. Dans cet univers théocratique, le dalaï-lama est la seule autorité, l'autorité morale suprême.
Sa menace de «démission» brandie hier ressemble donc à une bombe atomique : sans lui, le Tibet serait décapité. En déclarant, hier, « ne commettez pas de violence, c'est mal. La violence est contraire à la nature humaine », il sommait ses concitoyens de se calmer immédiatement.

Samedi, des véhicules blindés de l'armée chinoise quadrillaient Lhassa, la capitale tibétaine. Pékin a clairement affirmé sa volonté de «réagir fermement» face aux auteurs des violences, accusés d'être des «séparatistes» .
Le dalaï-lama, la sagesse rebelle
- Portrait de celui qui, depuis plus de cinquante ans, se bat pour la reconnaissance du peuple tibétain
.
1950 - À 15 ans, Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama, devient chef d'État et du gouvernement tibétain. Il est le plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain.





